Une rentrée à Shatibi

Depuis septembre, j’ai le plaisir d’assister aux cours de langues Arabe au centre Shatibi qui se situe à Stains. J’ai quelques bases en arabe mais j’ai décidé de reprendre depuis le début en commençant en première année. 

Je me souviens que le tout premier cours de l’année m’avait particulièrement marquée puisque le directeur du centre était venu en personne nous faire un rappel sur les intentions. La classe à ce moment était silencieuse, tout le monde était profondément à l’écoute des sages paroles qu’il prononçait. 

Tour à tour, nous avons été interrogés sur les motivations et les intentions qui nous avaient poussées à nous inscrire et à sacrifier un samedi matin pour apprendre l’arabe. À la suite de cela, le directeur s’est exclamé.

« Vous avez tous des intentions pures, mais elles vont être testées tout au long de l’année et pour certains d’entre vous la motivation va faiblir petit à petit. Voilà pourquoi il est important de constamment renouveler ses intentions. »

J’ai compris plus tard la raison de cette réplique qui nous avait un peu effrayé. Chacun d’entre nous s’était inscrit à ces cours pour se rapprocher d’Allah et du Coran d’une certaine manière. Il est vrai que nos obligations quotidiennes comme les partiels, les contrôles continus, les petits jobs et surtout le manque de sommeil allaient vite me rattraper. 

Cependant, le simple souvenir de la raison pour laquelle je m’étais inscrite était suffisante à me remotiver et le hadith « les actes ne valent que par les intentions » prenait tout son sens et me confortait dans mon choix. 

Bien sûr, l’apprentissage de la langue arabe n’est pas un long fleuve tranquille, mais si l’intention est bonne, l’échec n’est pas une option puisque j’ai l’approbation d’Allah. Voilà le premier jour terminé, j’étais conquise et cette réflexion spirituelle offerte par le directeur avait confirmé mon choix.

Le rythme et le déroulé des cours 

En tant que fausse débutante il est vrai que le rythme à Shatibi pour des arabophones en herbe est assez soutenu. Pour pallier cela, le centre proposait des cours de soutien en début d’année pour ceux qui le voulaient. Plus encore, la professeure est toujours à l’écoute de ceux qui en ont besoin et n’hésite pas à proposer son aide lorsque c’est nécessaire. On a des devoirs et des évaluations régulièrement comme au collège, mais avec du travail ce n’est pas insurmontable. 

Puisque le centre est à destination des adultes, il n’y a pas que des étudiants comme moi. En effet, j’y ai trouvé des adultes qui sont déjà dans le monde du travail et qui pour certains ont déjà un foyer et/ou des enfants à gérer. J’ai remarqué que le plus dur pour eux était de se réadapter à un rythme d’école, de trouver le temps de réviser et de faire ses devoirs au milieu de toutes ses obligations.

Le petit conseil : qu’on soit étudiant ou non je pense que la clé réside dans le fait de savoir s’organiser. Pour ma part, dès le début d’année, j’ai réalisé un planning avec toutes mes tâches, mes cours et mes révisions sur google calendar/Calendrier Apple. J’ai consacré une heure par semaine aux cours d’arabe et à mes devoirs et c’est largement suffisant.  Le plus difficile c’est de s’y tenir et de sacrifier des parties de cartes pour rentrer finir ses devoirs. Al hamdoulilah avec de la discipline, de l’organisation et des bonnes intentions, tout passe.

L’ambiance à Shatibi, ou ma réconciliation avec l’école arabe  

Petite, mes parents m’ont inscrite à une association du quartier qui donnait des cours d’Arabes et d’Éducation Islamique. La première année s’était bien passée; j’étais destinée à être bilingue en arabe, puis en deuxième année, la catastrophe… 

J’étais tombée sur une maîtresse qui n’avait aucune patience et qui me tirait un peu trop souvent les oreilles. Mes parents ne sachant ni lire, ni écrire, j’avais deux fois plus de mal que les autres. J’avais accumulé beaucoup de retard en tout, et puisque j’avais perdu ma place de star de l’école, et que de toute façon la maîtresse ne m’aimait pas, les cours d’arabes étaient devenus pour moi l’endroit idéal pour faire des bêtises. *insérer anecdote hyper drôle du jour ou j’ai avancé l’horloge pendant la pause et ou on est tous sorti une heure à l’avance mouhahahah*

Bien heureusement, les années sont passées et je me suis réconciliée avec les cours d’arabe et le centre m’y a bien aidée. Shatibi, ce ne sont pas que des cours d’arabe, mais ce sont aussi des camarades avec qui parler de religion, des professeurs à l’écoute et extrêmement patients (masha’Allah), des petits déjeuners, des activités entre élèves et des conférences pertinentes. Le centre propose aussi des cours de coran et de Fiqh.

L’importance d’apprendre l’arabe et mon ressenti

Même si mes débuts en arabe ont été chaotiques, j’ai compris avec l’âge que j’allais devoir m’y remettre un jour. En grandissant, j’ai cherché à gagner en proximité avec Allah et la barrière de la langue m’a souvent posée des difficultés. 

Lire le coran sans comprendre un seul mot et avoir l’impression de passer à côté de l’essentiel est frustrant. Pour mieux comprendre l’Islam et Allah, je devais comprendre la langue dans laquelle les paroles d’Allah avaient été révélées. Je n’ai pas la réponse à pourquoi l’arabe et pas une autre langue, mais je sais qu’une sagesse se cache derrière ce choix, raison de plus pour l’étudier.

 Pour ma part j’ai trouvé que les cours d’arabe et l’apprentissage de l’arabe en général est une forme de matérialisation de ma volonté de me rapprocher de ma religion (même si moi-même j’arrive souvent en retard en cours). Lorsque je me lève le matin pour aller en cours, je suis fatiguée mais satisfaite car j’ai vraiment l’impression de consacrer mon samedi matin à Allah même si j’avance à pas de bébé. Je passe quasiment mes journées à étudier pour Dauphine, et ça apaise alors énormément ma conscience de savoir que je consacre une partie de mes études à l’étude de la langue arabe. Quelque part mon cœur d’étudiante est satisfait à l’idée d’étudier d’une façon directe pour Allah.

J’ai décidé de parler de Shatibi pour motiver ceux pour qui ce centre conviendrait, mais j’aimerais pour la fin ajouter une note plus générale à cet article. Peu importe dans quel centre, mosquée, école, quel prof particulier vous prendrez, sur quelle plateforme en ligne vous irez ou enfin si vous commencez seul, le plus important est de commencer quelque part et de se lancer avec de bonnes intentions. 

Je sais que les études prennent une partie importante de notre temps et à quel point il est difficile de trouver le temps de faire quoi que ce soit en dehors des cours, mais je pense sincèrement que nous y avons plus à gagner qu’à y perdre. 

Peu importe si vous commencez maintenant ou plus tard tant que vous avez la volonté réelle de commencer. La beauté de l’Islam réside dans la pluralité des cheminements qui mène au même point : la paix et la révélation que l’on peut chacun expérimenter, n’est pas une course et dure le temps d’une vie. Ne vous précipitez pas mais ne perdez pas votre temps. J’espère que ces quelques lignes seront une source de motivation pour nous tous et que nous percerons le secret de la langue Arabe.

Qu’Allah nous facilite à comprendre la langue de ses paroles,
Qu’Allah nous guide vers le droit chemin


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